Conseils confinement pour votre chien et pour vous

On y est tous. Confinés. Avec ou sans chiens. Mais confinés avec chiens requiert d’un minimum d’organisation. Ayant vécu une grossesse particulièrement lourde, qui m’empêchait toute sortie même de 500 mètres, voici quelques conseils que j’ai tirés de cette phase, et qui pourraient vous servir dans l’époque que nous traversons… 

Gardez le contact avec votre chien

Cela paraît très con. Pourtant c’est essentiel. Le chien, il est comme vos enfants : très sensible. Si vous êtes inquiet, il l’est aussi. Ne le mettez pas de côté. Pensez aussi à ses besoins à lui, y compris affectifs. Voici un court extrait du roman Demain les Chats, du formidable Bernard Werber. Ce livre décrit une situation par certains aspects bien similaire à la nôtre, et vécue du point de vue du chat…

« Mon humaine s’est rassise face à la plaque lumineuse qui continue de diffuser en boucle les mêmes images. Je remarque qu’un liquide transparent coule de ses yeux. Ses vibrations sont de plus en plus mauvaises. Je ne l’ai jamais vue ainsi. »

Bernard Werber, Demain les Chats.

La situation actuelle du point de vue de votre animal est a minima aussi anxiogène que du nôtre… Alors, sans en faire trop, échangeons avec lui aussi de bonnes vibrations, et écoutons-nous mutuellement. Ces instants sont précieux et réconfortants.

Gardez un temps pour lui

Votre chien a besoin de vous. Ne pensez pas que parce qu’il ne sort plus il sera le plus malheureux du monde. Il va se recréer un équilibre. Mais il le fera avec vous. Je ne pense pas que mes chiennes fassent exception. Je sais que ce qu’elles adorent, c’est avoir un instant privilégié avec moi. Autour d’un jeu de balle, ou d’une partie de cache-cache pourquoi pas. Mais pas nécessairement. Cet instant n’a pas besoin d’être très long. Quelques minutes peuvent suffire pourvu que vous soyez présent et attentif à ce que vous faites. Par exemple pendant ma grossesse douloureuse, notre temps de connexion était le soir à la lumière de la lune, sur la chaise longue. Le seul moment de la journée où l’on n’étouffait pas. En ce moment il est trop tôt pour une activité lunaire, alors pourquoi pas un câlin au sol avec lui quand les enfants sont couchés, ou une petite sortie en tête à tête, 15 minutes dans la journée. A condition que vous soyez vraiment avec lui.

Permettez lui de récupérer

Le partage de l’espace implique que chacun puisse s’isoler pour se retaper.

La période est stressante. Nous sommes les uns sur les autres, alors que votre chien a peut-être l’habitude d’être seul la journée cinq jours par semaine. Il encaisse sans broncher votre stress, ou vos gestes d’humeur parce qu’il est toujours au milieu du passage et que vous êtes nombreux dans la pièce. Il ne fait plus de sport mais… c’est tout aussi crevant. Alors… soyez indulgent. Respectez son lieu, son panier, ou le coin dans lequel il se détend habituellement. Amy et Java ont le sommeil très lourd en ce moment, et besoin de se ressourcer en journée, plus que d’habitude. (Elles ronflent !!!). Il est important de respecter ce droit encore plus maintenant. Et d’habituer vos enfants à ficher la paix au chien ou au chat.

Privilégiez les sorties en longe ou en canimarche

On est confinés. J’ai vu cette semaine des mecs se découvrir une passion pour le cani-VTT (la blague) et sortir le chien, pas harnaché, attaché sur le côté du vélo, par le collier s’il vous plaît, histoire de bien lui faire peur et de lui défoncer le dos et les cervicales. Et le tout avec un enfant en bas-âge en porte-bébé. Si si… un peu de sérieux. Vous sortez le chien pour vous, ou pour son bien-être ? Si la réponse est (et je n’en doute pas si vous lisez cet article) « pour son bien-être », faites les choses correctement. La période est temporaire et passera vite : donnez-lui un cadre qui permette de faire « au mieux » pendant quelques semaines.

Je privilégie la longe

Quelle chance d’avoir un jardin… en ces instants nous le savons. L’occasion pour Java de déguster la tête d’Amy !

Comme je l’ai déjà évoqué dans d’autres articles, la longe permet une liberté « conditionnelle ». Ce n’est pas une liberté totale mais elle me semble plus importante qu’en canimarche. On peut prendre son temps, respirer les odeurs dans l’herbe, faire des écarts. On aurait bien envie de s’en défaire… mais on comprend que c’est temporaire, et elle permet un minimum d’action. A défaut de mieux, elle permet de retrouver un temps de « loisirs » et de se détendre. Mutuellement.

Et pour de l’exercice, la ceinture de marche

La canimarche est complémentaire. Certes, avec une autorisation de sortie à 500 m du domicile on n’ira pas loin… sauf si on est élu ou agent municipal, oups pardon je m’égare. Tant pis, on fera des allers-retours dans la rue, ça fera rire les gens, et on continuera de muscler les pattes et le dos de Java, qui a trois vertèbres tordues et une dysplasie et requiert donc un minimum d’exercice hebdomadaire…

Soyez rigoureux sur sa ration de nourriture

On n’y pense pas assez. Mais votre chien se dépensant moins, il va assez rapidement accumuler ses réserves. Ce qui n’est pas recommandé pour sa bonne santé (surpoids = douleurs articulaires, maux de dos accentués… sans parler de la chaleur qui va bientôt arriver dans les régions du Sud avec le mois d’Avril, alors ne nous alourdissons pas et libérons nos cages thoraciques!).

Pour vous donner un ordre de grandeur, j’ai été dans l’impossibilité de marcher pendant six mois de ma grossesse. Je ne pouvais pas aller plus loin que le bout de ma rue… En huit mois (car je sortais déjà peu avant…) mes chiennes de respectivement 22kg et 30kg ont pris chacune au minimum 8 kg. Nous avons découvert cela en les pesant quelques jours après mon accouchement, sur la balance du vétérinaire que nous utilisions habituellement. C’est un cas très particulier d’immobilisation de longue durée. Sans aller jusque là, en quelques mois, si votre chien est habitué à beaucoup sortir, il peut tout de même prendre un peu d’embonpoint qu’il est facile de limiter.

Concrètement je vous conseille avant tout d’utiliser une balance : la pesée des croquettes à vue de nez, même avec un pot à croquettes du type de ceux qui sont fournis avec les croquettes, cela ne fonctionne pas. On se trompe régulièrement de 10 ou 15g, et ce sont eux qui comptent. Avec des sorties réduites au minimum, inutile de surcharger votre animal. Ce simple geste devrait suffire, si vous ne le faîtes pas encore, à limiter la prise de poids. Et je parie que vous aurez des surprises quant à votre sens inné de la pesée de croquettes à la main ou à l’œil… pour l’avoir vécu.

Au besoin, si vous êtes un grand sportif, et que le quotidien de votre chien change vraiment avec le confinement, diminuez la ration de l’ordre de 5 %. Ici cela représente 15g sur la ration du jour. Ce sera largement suffisant pour un confinement de deux mois. Je ne vous parle pas d’affamer votre animal en réduisant sa ration de moitié, entendons-nous. Observez-le. Si vous avez des doutes, demandez conseil à votre vétérinaire par téléphone. Je ne suis pas vétérinaire, je partage simplement mon expérience récente. En appliquant ces deux principes, sans même reprendre une activité intense après l’accouchement, j’ai vu mes chiens commencer à retrouver leur gabarit. Encore une fois en deux mois, il s’agit juste d’un réglage fin pour éviter les déconvenues, en aucun cas d’un rééquilibrage alimentaire.

C’est une tranche de vie qui s’écrit. Ecrivons-la avec nos animaux de compagnie. Nos meilleurs alliés. Profitons de leur présence si apaisante et tout se passera bien 🙂