Espèce humaine, négativité, et parentalité

Je suis fascinée par l’humain. J’ai récemment eu le grand bonheur de vivre une expérience unique, celle de porter et de mettre au monde un enfant. Une expérience lors de laquelle l’espèce humaine vous livre ce qu’elle a de meilleur…

Anticipation et donneurs de leçons

Ca y est, tu portes la vie ! Tu es un peu chamboulée, et surtout, tu n’as aucune idée de ce qui t’attend. A part la poursuite du grand bonheur qui t’a amenée jusqu’ici. Ne t’inquiète pas, les inconnus, anciens amis, tous ceux qui ont eu la chance de passer par là avant toi, sont là pour t’annoncer ce que tu vas vivre. Oui parce que forcément, ils le savent mieux que toi. Ils SAVENT.

Ils seront là toute ta grossesse pour te lancer des petites phrases bien flippantes. « Je n’aurai qu’un seul conseil : DORS tant que tu peux ». « Profite de ta liberté ». Justement, je ne me souviens pas avoir demandé de conseil…

Ils ont vécu certaines choses et sont persuadés que TOI tu les vivras forcément de la même manière, puisque leur façon de vivre et leurs émotions sont universels. Quelle humilité…

Parentalité et négativitude

Tu es en congé parental, tu revis ! Oui la grossesse est terminée, et maintenant tu savoures. Outre quelques semaines aux nuits entrecoupées lors desquelles tu étais boostée par tes hormones, tu dors maintenant très bien et ton enfant avec. Le bonheur perdure…

Jusqu’à ce que Jeanine la bien-pensante, te remette les idées en place. Alors qu’une fois de plus tu n’avais rien demandé. « Ha ouais être parent n’est pas horrible ? On en reparlera dans quelques années ! ». Est-ce à dire qu’il me reste seulement quelques années avant de connaître la décrépitude ? « On en reparlera après ton troisième enfant  » J’applaudis : on a carrément organisé mon propre planning familial pour moi ! Franchement fallait pas te donner ce mal Jeanine ! Je n’avais rien demandé… enfin je crois…

Je passe sur la question des équipements : « tu verras, le porte-bébé tu ne t’en serviras pas »… 6 mois que je marche avec mon Schtroumpf en porte-bébé, et même mieux… avec un chien en laisse ! Euhh les gars, et si mon mode de vie était différent du vôtre ? Vous pouvez le tolérer, ça ?

Le fin mot de l’histoire

J’ai du mal à me représenter le but caché derrière toutes ces bonnes intentions. La générosité du partage d’expériences formidables ? Est-ce que je ne dormirais pas mieux la nuit, à quelques jours de la reprise du travail, si Pierre-Antoine n’était pas là pour me rappeler combien LUI a galéré avec les embouteillages pour être à l’heure chez la nounou. Ou si Marie-Bénédicte, au bout de sa vie après avoir soigné la 14ème laryngite infantile hivernale de sa non moins nombreuse ribambelle de gamins, ne me plongeait pas le nez dans ses mucus.

Alors voilà, tout compte fait, si, tous les gentils parents, je vous demande une chose. Qu’on me foute la paix. Quand bien même être parent fait parfois vivre des moments durs, et bien que j’aie beaucoup de compassion pour vos existences douloureuses : laissez-moi vivre la mienne à ma façon, librement, et sans me polluer. Ni verbalement, ni avec les vidéos Youtube abjectes que vous vous sentez obligés de m’adresser et qui me sautent au nez dès que j’ouvre un Whatsapp ou autre Facebook.

Sur ce, mes chiens, mon Schtroumpf et moi, on vous salue. Nous n’avons pas de temps à perdre pour profiter d’être heureux ensemble. Merci pour vos bons soins !