Cinq endroits incongrus où trouver des poils

Lorsque les moldus (entendez les non-propriétaires de chiens) vous interrogent sur les tâches ménagères quotidiennes insurmontables d’un propriétaire de chien, vous répondez très justement que non, il n’est aucune difficulté qui puisse nuire à la joie de vivre avec un chien. Bonheur incontesté. Joie inégalable. Pourtant, avouons qu’il nous arrive parfois de tomber sur le poil de trop. Celui qui atterrit au mauvais endroit au mauvais moment…

1- Le pli du canapé

Un jour (béni), vous investissez lors d’une vente privée dans un bijou de technologie. Une véritable pilule bien-être : le robot aspirateur Roomba de iRobot, que je vous présenterai dans un autre article. (invention géniale). Vous venez de gagner quelques demi-heures hebdomadaires de corvées vides de sens. Le niveau de propreté global de la maison remonte de près de 50 %. Soupir de soulagement. Détendez-vous et profitez  d’un bon petit plateau-télé sur votre canapé.

Afin d’optimiser la distance séparant votre bras droit de la soucoupe de sauce sushi, vous repositionnez votre pied gauche sous votre fesse droite (oui manger des sushis fait aussi réviser ses postures de yoga), occasionnant par là-même un petit fossé entre les deux coussins d’assise du canapé… vision d’horreur. Des mois que vous vous délassiez naïvement si près d’un océan de vieux poils jaunis. Et de miettes de gâteau. Et de poussière. Et.. ho tiens, la soquette que j’avais perdue ! Vous venez de prendre conscience de la vie parallèle que vos chiens créent à l’intérieur même de votre canapé. Canapé qui pourtant … leur est interdit. Bizarre … Vous avez dit bizarre ? Bizarre bizarre. Passons…
Voilà, gagné. En plus de Roomba, vous allez devoir garder sous le coude un vieil aspirateur à main pour les plis du canapé et autres recoins empoilifiés. Fin du rêve, Cendrillon, le prince charmant n’existe pas, même chez les aspirateurs !

2- Les collants

Aujourd’hui grand jour, au placard le jean et bonjour la jupette et le collant. Vous saluez vos Razmoket (vos chiens, ou vos enfants, selon) avant de partir, et là… :

Scénario 1 : … l’empoilite est de retour (voir définition dans le Dictionnaire Canin). Bien sûr j’avais oublié de préciser que votre chien (ou chat) est blanc. Et que votre collant, lui, est noir. Vous voilà donc déguisée en rouleau adhésif anti-poils ! Et bien sûr , vous êtes en rupture de stock de rouleau adhésif pour vous dépoilifier. C’est vos collègues qui vont rire. La journée commence bien…

Scénario 2 : la patte magique. Java, de très bonne humeur ce matin, a décidé de vous adresser son plus beau salut, de la patte droite. Elle baille, remue la queue, s’étire le dos, et en se redressant, elle lance sa patte tout doucement (mais très sûrement) à l’horiontaaaaaallllllleeeee… FIN. (du collant).

Que l’on m’explique, s’il vous plaît, comment les stagiaires marketing ou produit de H&M et de Monoprix n’ont pas encore inventé l’abonnement fidélité collant ?? Sérieusement : 28 millions d’actifs en France, dont 52 % possèdent un chien et dont 60 % sont des femmes. (Mes talents en maths s’arrêtent ici). Mesdames messieurs les marketeurs, vous qui inventez des formules fidélité croquettes, on attend votre formule collant : 1 collant par mois, le 13ème offert, un genre de treizième mois du collant. Merci bien.

3- Les branches de lunettes

(Ou : Le poil qui rend fou).
Vous arrive t’il d’avoir une grosse tâche de gras sur l’écran de l’ordinateur ? Evidemment, c’est après l’avoir nettoyé intégralement, que vous vous apercevez que le gras était sur vos lunettes directement…

La même chose peut se produire avec un poil de chien bloqué dans la branche de vos lunettes. Et lorsque c’est un poil-de-Java, qui mesure jusqu’à plusieurs centimètres, cela chatouille énormément, et il est difficile de le débusquer… (une bonne dizaine de minutes à comprendre que j’étais victime d’une empoilite de la lunette…). Situation qui nous échappe, absence de contrôle sur notre environnement, angoisse, PANIQUE, Trouble Obsessionnel Compulsif. Avant de consulter un psy ou un astrologue, prenez le temps d’étudier votre paire de binocles.

4- Sur l’oreiller

« Il est cinq heures »… Paris s’éveille peut-être mais vous non. Du moins cela ne faisait en aucun cas partie de vos plans pour ce début de journée. Le Miracle Morning, c’est bon pour les gens qui n’ont pas de travail, pas d’enfants et surtout pas de chiens. Bref, pas pour vous. Bien décidé à savourer les deux heures restantes de sommeil, et tout en prenant conscience d’un léger tiraillement au niveau de votre trapèze droit (encore une conséquence de votre manque incontestable d’activité physique et sportive…), vous vous réinstallez confortablement sur votre oreiller après l’avoir tapoté pour en répartir uniformément la garniture. Nooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooon !! Mais vous êtes malade ? Quel geste malencontreux ! Qu’est-ce qui vous a pris, ce matin, de tapoter votre oreiller, grand fou ! Vous venez de transmettre une quantité d’énergie cinétique bien trop importante au poil qui sommeillait là et qui vient s’engouffrer dans votre narine, pour vous faire éternuer.

Et voilà. Maintenant il est sept heures, le réveil va sonner dans 5, 4, 3, 2 … et vous n’avez pas pu vous rendormir, tout ça à cause d’un poil… LE poil. De trop.

5- Dans l’assiette

A la maison, votre domaine, vos endroits, sont chasse gardée. Votre assiette par-dessus tout. Manger, c’est sacré. Interdiction formelle pour vos chiens de venir vous voir lorsque vous mangez, vous ne dérogez jamais à cette habitude. Comme il vous arrive plus que de raison de manger à même la table basse, que deviendraient vos repas avec la langue de Toutounou collée sur la table… ! NIET. Alors comment diable votre chien a-t-il fait pour envoyer un poil supersonic dans votre assiette ?

Un jour, je vous promets d’écrire un article sur les lutins magiques. Vous n’avez pas la moindre idée de tout ce dont ils sont responsables dans votre maison… Vos chiens pourront témoigner. C’est toujours eux qu’on accuse injustement. Vie de chien.

Extraits contenus dans cet article :
Psychose – Alfred Hitchcock – 1960 – la scène de la douche
Bizarre bizarre – Drôle de Drame – Marcel Carné – 1937
Le chien andalou – Luis Buñuel et script de Salvador Dalí – 1929
Il est cinq heures, Paris s’éveille – Jacques Dutronc – 1968

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