SIRIUS, le chien qui fit trembler le IIIe Reich

Un roman dont le personnage principal est… un chien ?! Allez-y les yeux fermés, ce roman est une jolie découverte, je vous le conseille. Jonathan Crown. Editions Pocket – 1ère parution en 2016 aux Presses de la Cité pour la traduction française. (traduction très agréable à lire !).

Synopsis

Nous sommes en 1938 à Berlin. Levi, petit chien juif (mais si), mène une vie paisible dans la famille qui l’a recueilli. Sa confortable routine est interrompue par l’entrée en guerre. Rebaptisé « Sirius » pour plus de sécurité (plus discret que Levi, comme patronyme), le destin le conduit avec sa famille aux Etats-Unis, où une carrière hors du commun l’attend. Ha oui, je ne vous avais pas précisé : Sirius est un fox terrier très intelligent, et très débrouillard : après avoir côtoyé de près le gratin hollywoodien (de Billy Wilder à John Wayne), le voici en véritable muse (et usine à cashflow) dans un cirque ambulant. Mais le destin frappe de plus belle et vient rompre cette stabilité retrouvée pour le remmener… en un lieu où il devra donner le meilleur de lui-même pour influer sur notre destin à tous !

Un roman qui trottine comme un fox terrier

Le roman se découpe en trois phases correspondant aux épisodes que traversent Sirius et sa famille. Au moment où l’on s’apprête à penser que le roman va ralentir, il accélère! A ma plus grande surprise. Ce n’est peut-être pas tout à fait le chapitrage d’un film de Tarantino, mais il y a un peu de cela. D’autant plus en un temps de seconde guerre mondiale. En tout cas je me suis régalée et je n’ai pas pu décrocher du Chapitre 3, après avoir pourtant ressenti un léger ralentissement sur la fin du second chapitre.

LE JEU DES REFERENCES

L’histoire se nourrit d’une multitude de références historiques ou cinématographiques et de beaucoup d’humour. On sent que l’auteur s’est amusé à jongler avec les références. Vous croiserez dans ce livre, en vrac : des acteurs capricieux, un Hitler tourné en ridicule, fan de dessins animés de Walt Disney et d’ornithologie, et un certain Conrad Nicholson Hilton qui étonnamment démarre des investissements immobiliers… un monde de personnages périphériques, dont on a du mal à savoir parfois s’ils sont réels ou fantasmés.

INTRAITABLE DESTIN

Ha le destin… il rend ce film presque cinématographique. Le destin est intimement lié à l’histoire de Sirius, du début à la fin. Les retournements de situation font sourire car habilement amenés. Jusqu’à la dernière page, le destin se moque de Sirius, tout comme il se moque de nous : vous croyez l’histoire terminée ? Voici Sirius revenu à son point de départ, comme si tous ses efforts pour s’en éloigner n’avaient servi qu’à l’y ramener. En somme, Sirius n’est qu’un bon vieux toutou, mais comment résister à appliquer à nous-mêmes pauvres humains les allusions au destin et à sa force dans nos trajectoires futiles.

Conclusion

Le livre refermé, on se demande si on ne vient pas de lire une histoire vraie.  Je garde principalement comme souvenir l’humour léger et cultivé de l’auteur. Mais aussi l’arbre qui parle (si vous aviez cru que le pire était de désigner un chien comme personnage principal, vous avez perdu!). L’amitié sympathique entre le poilu et le végétal.

Les propriétaires et les non-propriétaires de chien pourront se régaler de cette lecture abordable et légère, idéale pour les vacances !